Atelier / « Nouveaux espaces, nouveaux usages »

 
   
S’appuyer sur les TICE pour susciter l’envie d’apprendre chez les élèves
 
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Liste des intervenants :
Maëlise LANGUMIER,
Conseil général des Hauts-de-Seine
mlangumier@cg92.fr
Joël JUNG - IA-IPR
Aix-Marseille/Nice/Corse
ce.phi.jung@ac-aix-marseille.fr
Florent AZIOSMANOFF,
Le Cube
contact@art3000.com
 
     
 

Dans les Hauts-de-Seine, des collégiens en difficulté imaginent le Collège du Futur. Pour eux, celui-ci est avant tout un lieu de vie, bien avant d’être celui du savoir. Dans ce collège, les
machines permettent d’apprendre sans effort.
A l’heure actuelle, on peut de fait, grâce aux TICE, mettre à disposition des élèves des outils et des ressources très complètes qui permettent aux collégiens d’aujourd’hui d’accéder plus
facilement au savoir.
Mais l’accès ne suffit pas, encore faut-il créer une relation favorable au savoir pour encourager l’élève à aller vers lui. C’est un rôle que pourraient remplir les outils éducatifs de demain,
interactifs mais aussi relationnels. Les robots électroniques d’aujourd’hui nous accompagneront demain dans nos apprentissages.

A quoi rêvent les collégiens ?
Collège du futur et technologies numériques, une analyse des représentations des collégiens
Le Conseil général des Hauts-de-Seine a mis en place pour 120 collégiens en difficulté 15 ateliers pédagogiques péri-scolaires. Dans ce cadre, les élèves ont exprimé les représentations qu’ils se font du collège du futur et des technologies numériques.
Pour eux, le collège de demain est beau, fortement caractérisé par ses équipements TICE et vidéo (28 % des élèves), son architecture, son confort, son jardin (24 % des élèves). Savoirs et enseignants sont beaucoup moins évoqués (respectivement 13 et 11 %). Les machines permettent d’apprendre sans effort.

Cédérom en approche pluridisciplinaire globale
Le tableau de Hans Holbein, "Les Ambassadeurs", est une œuvre fort intéressante du 16e siècle. Des IPR (Inspecteurs Pédagogiques Régionaux) ont choisi de réaliser un CD-Rom sur ce tableau dans le cadre d’une approche pluridisciplinaire globale.
(www.cndp.fr/pluridisc/holbein/)
Le CD-Rom est structuré en plusieurs chapitres : lecture du tableau (avec analyse de certaines parties en lecture hypertextuelle), histoire du peintre, repères historiques, compléments sur différents points du tableau (musique, mesure du ciel), etc. En abordant la vie de Holbein, les peintures de vanité, la perspective et les anamorphoses, l'Europe de 1533, les instruments scientifiques et leur usage, la cartographie, la musique au 16e siècle, l'humanisme, etc., ces chapitres permettent d’éclairer l’interprétation du tableau ainsi que d’autres œuvres.
Ils sont aussi autant de possibilités de travailler dans différentes disciplines tout en les mettant en articulation : arts plastiques, histoire, astronomie, arithmétique, géométrie, musique… Le CD-Rom s’avère, de ce fait, particulièrement adapté pour les IDD (Itinéraire De Découverte) en collège ou les TPE (Travaux Personnels Encadrés) en lycée.
Images, animations, commentaires sonores, extraits musicaux, lexique, bibliographie, discographie, liste de sites web, version écrite et imprimable des commentaires sonores, sont autant d’éléments venant illustrer et enrichir le CD-Rom. Les procédés de zonage et d’agrandissement facilitent l’observation du tableau et de nombreuses autres œuvres. Les signets facilitent la navigation.

Quelle appropriation possible, quelles émotions, quel accompagnement ?
Une personne du public est alors intervenue pour exprimer son sentiment d’"humiliation" (sic) face à ce CD-Rom très complet, et sa frustration de n’avoir rien à ajouter, frustration de se sentir réduite à un rôle passif, voire inexistant, et de se sentir écrasée par cette masse de savoirs.
Ce sentiment vient en décalage de l’intention des auteurs qui ont cherché à donner le maximum de "clés" pour comprendre le tableau en le replaçant dans son contexte historique.
Ainsi ce CD-Rom, qui se veut être une invitation à accéder aux savoirs, peut au contraire décourager celui qui le consulte. Cette remarque du public est une interpellation sur l’intérêt, voire la nécessité, d’un "accompagnement" qui prenne en compte les émotions de l’individu dans son approche des savoirs. En classe, cet accompagnement est assuré par l’enseignant. A la maison, c’est un membre de la famille qui peut jouer ce rôle.
Les outils relationnels présentés dans l’intervention suivante de l’atelier préfigurent d’autres formes d’accompagnement alternatives et/ou complémentaires.

Apprendre aujourd’hui avec les outils interactifs… demain avec les outils relationels ?
"Le petit chaperon rouge, adaptation pour trois robots-chiens autonomes" a été réalisée par l’Atelier de création d’Art 3000 – Le Cube. Créée à l’origine pour le festival artistique Premier contact d’Issy-les-Moulineaux, cette première réalisation était alors jouée dans la rue pour le tout public.
Elle a ensuite été adaptée pour devenir une animation pédagogique destinée au enfants de 5 à 10 ans, présentée en ludothèque. Les apprentissages concernés tournent autour du conte et de son adaptation, sur les notions de fonction, psychologie, comportement, apparence, et sur l’observation et l’analyse du comportement.
Trois robots-chiens (Aibo fabriqués par Sony) ont été programmés (avec le concours d’un informaticien) pour représenter les trois personnages principaux du conte du petit chaperon rouge : le petit chaperon rouge, le loup et le chasseur, chacun d’entre eux tentant de poursuivre ses objectifs vis-à-vis des deux autres personnages. Ils se comportent à la fois de façon autonome et en interactivité avec les deux autres robots et le public, avec priorité des réponses aux sollicitations des spectateurs.
Dans une première phase de 10 minutes, les enfants découvrent les robots en activité jusqu’à en épuiser les premiers charmes. Ils lisent ensuite le conte, puis l’analysent dans le cadre de trois ateliers : identification des personnages du conte, de leurs fonctions (rendre visite, manger les femmes, chasser le loup, protéger, se promener...), et de leur psychologie (insouciant, gentil, méchant…).
Les enfants travaillent ensuite sur l’adaptation faite avec les robots : les robots sont remis en marche, les enfants analysent leurs comportements, fonctions et psychologies et les comparent avec leurs analyses précédentes faites dans le cadre du conte. On enlève aux robots les vêtements qui les distinguaient, on les mélange, on les remet en route, les enfants sont alors invités à identifier les personnages d’après leurs seuls comportements. Chaque enfant prend ainsi conscience que sa propre interprétation lui est personnelle et qu’il n’y a pas de vérité.
Le robot sert ici de support de projection. L’outil, et l’usage qui en est fait, suscitent de réels sentiments d’empathie et de renforcement qui servent les apprentissages. On peut à la fois l’évaluer par la grande concentration des enfants dans les activités proposées et par le respect du tout public pour les robots (pas de vol de robot, pas de queue ou d’oreille arrachées. Ces derniers, "acteurs autonomes", ont été véritablement identifiés comme des personnages.
Sony continue à travailler sur les robots de compagnie, et actuellement sur les "humanoïdes". En matière d’outils relationnels, nous en sommes encore maintenant au stade de "l’épluche-patate".

 
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