Table-ronde / « Acteurs publics de contenus »

 
   
Quelle offre pour les besoins des communautés éducatives ? Quelle place dans le cadre de
projets de politique régionale ?
 
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Intervenants :
Jacques PHILIPPOT, chef de Projet Matice (Marseille Technologies de l’Information pour la Culture et l’Éducation)
Gilles BRAUN, chef du bureau de la production et de la diffusion du multimédia éducatif à la direction de la technologie du ministère de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche
Jacques PAPADOPOULOS, directeur du CRDP de Nice
Alain BALTAYAN, directeur du CRDP d’Aix-Marseille
Jean-Pierre BROCART, directeur de l’Incubateur Multimédia Belle de Mai
Bernard BUSSER, directeur de l’Éducation, Conseil général 13
Dominique MARCHAND, responsable de l'enseignement supérieur et de la recherche, Ville de Marseille

 
     
 

La table-ronde sur les politiques publiques en regard du développement des espaces numériques d'éducation a très largement abordé le propos de la répartition des compétences entre l'État et les collectivités territoriales. Il était donc logique de donner d'entrée la parole à l'un et aux autres.
Ce que cette même table-ronde a fait apparaître, c'est le rôle déterminant joué sur l'usage des ressources numériques par les communautés éducatives qui sont souvent constituées en associations. En outre, les acteurs publics ne se réduisent pas aux seuls donneurs d'ordre mais rassemblent aussi des établissements publics tels le CNED, le CNDP, les CRDP, les établissements d'enseignement, les universités, etc., ou dans une acception plus large, là encore certaines associations. Ce nombre et cette diversité des acteurs publics ainsi que les relations qu'ils entretiennent avec les communautés éducatives d'une part et les industriels du multimédia de contenu d'autre part ont de ce fait constitué le cœur des débats au sein de cette table-ronde.

Le ministère de la Jeunesse, de l'Éducation nationale et de la Recherche, qui a en responsabilité des établissements publics dont les statuts ou les missions prévoient la production et la diffusion de contenus sur supports numériques, s'attache, quant à lui, à structurer cette offre publique et à faciliter l'accès aux contenus innovants.
Le problème des droits est évidemment un des freins à la libre mise à disposition des contenus pour un usage éducatif. Il peut se poser pour les établissements publics s'agissant d'une mise à disposition de contenus sur un nouveau support ; il se pose dans le cas de contenus appartenant à des éditeurs privés pour lesquels une négociation au cas par cas doit avoir lieu. On sait, d'autre part, l'action du ministère en matière d'organisation de la diffusion dans le cadre de l'Espace Numérique des Savoirs.

Au niveau local, le maître mot des actions conduites par les collectivités territoriales est "usage". Il apparaît de plus en plus évident aux responsables des collectivités que l'usage des équipements, surtout s'ils sont lourds ou généralisés (ordinateurs portables, hauts débits, liaison satellite), passe par l'organisation et la facilitation de l'usage des ressources et tout particulièrement en ligne.
Deux mesures sont prises dans cet esprit et dans le respect de la répartition des compétences entre l'État et le Département par le département des Bouches-du-Rhône : financement de l'établissement scolaire pour l'achat de ressources numériques ; financement des heures de connexion de l'élève hors établissement. Avec cette dernière mesure un pas est franchi qui ouvre sur le milieu familial. La communication avec l'élève et les parents devenant nécessaire, apparaissent des plates-formes de ressources portées ou soutenues par les collectivités. Un continuum s'établit avec les démarches du type "Internet citoyen" (ÉRIC du Conseil régional PACA) qui, elles aussi, aboutissent à la création de plates-formes de communication et de ressources visant cette fois tous les citoyens, donc le secteur familial.

On assiste ainsi à ce que les collectivités territoriales, sans quitter le champ de leurs responsabilités propres, s'intéressent de plus en plus à la création, à la production et à la mise à disposition de ressources numériques. C'est ainsi qu'une étape importante a été franchie par certaines collectivités, dont le Conseil régional PACA, en développant des fonds d'aide à la création et à la production multimédia. On comprend que cette mesure à visée économique peut aussi être porteuse de nouveaux produits ou services éducatifs numériques.

Ce souci de faciliter et de développer l'usage des contenus et services numériques implique la maîtrise des usages, donc une concertation et une étroite collaboration entre les différents acteurs concernés qu'ils soient publics, associatifs ou privés. Au niveau local une opération comme Ordin@13 a fait l'objet de concertations avec les représentants du rectorat, des établissements, les parents d'élèves, les syndicats, etc.
On peut penser qu'une forme locale d'organisation de la concertation, de la réflexion, de l'observation des usages, mobilisant les acteurs depuis les donneurs d'ordre jusqu'aux usagers, est en train de voir le jour sur la problématique de l'usage des ressources numériques.
Cette forme renouvelée de collaboration devrait se poursuivre au fur et à mesure que se développeront de nouveaux contenus et de nouveaux services et ce dans le respect de la responsabilité de chacun. On peut donc raisonnablement imaginer, sinon souhaiter, que l'usage des ressources éducatives numériques soit l'occasion, au niveau local, de collaborations entre les acteurs concernés facilitant ainsi la difficile adéquation entre le besoin et la demande d'une part et l'offre d'autre part.

L'aspect collaboratif de l'organisation du développement de l'usage des contenus numériques concerne au niveau local d'autres acteurs publics que les collectivités et les communautés éducatives. Comme le souligne le représentant de l'Université de Toulon et du Var, c'est le cas des universités dans leurs actions de recherche et de formations sur les particularités de l'usage et de la production de contenus numériques qui, dans leurs formes les plus innovantes, ouvrent sur de nouvelles formes de médiatisation.

Comme l'indique le directeur du CRDP de Nice, c'est aussi le cas des CRDP dans leurs missions d'ingénierie, d'édition et de diffusion de contenus numériques.
Rappelons à ce propos que l'Orme est une mission nationale confiée par le réseau SCÉRÉN au CRDP d'Aix-Marseille.

Enfin, la présidente de l'association Tilt qui œuvre dans les écoles et les quartiers pour une sensibilisation voire une éducation aux médias, nous rappelle par sa présence que nombreuses sont les associations qui participent par leurs actions à l'accès et à l'usage des contenus.

Bien des acteurs qui se sont exprimés l'ont fait en pensant qu'une forme plus collaborative d'émergence d'une offre de contenus numériques faisant de l'usager aussi un créateur et associant acteurs publics et privés pourrait constituer une des réponses aux problèmes qui se posent aujourd'hui et qui ont été évoqués au cours de cette table-ronde.

 
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