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Séminaire : «
Modèles économiques : stabilité ou changement des
équilibres ? Faire coïncider l’offre et la demande |
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| « Des dispositifs comme Ordina 13 constituent des business models intéressants. Pourtant, les ressources proposées aux établissements scolaires ne sont pas toujours achetées ou pas toujours utilisées par les enseignants. Il est difficile de construire un marché là-dessus! ». Le débat est lancé par Marie Gaillard, déléguée générale du regroupement d’éditeurs KNÉ (Kiosque numérique de l’éducation) qui a constitué un catalogue commun de produits multimédias pour les collèges. « L’offre s’organise, mais il est vrai que le marché n’a pas encore atteint sa maturité, poursuit Denis Fortier, chef de projet ‘usages et contenus’ pour l’opération Ordina13. Rappelons que l’équipement en ordinateurs portables des collèges des Bouches-du-Rhône par le Conseil général et la dotation de moyens pour l’achat de produits multimédias ont représenté un investissement de 740 000 euros auxquels s’ajoutent les fonds du rectorat de l’académie d’Aix-Marseille. » | |||
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Un déficit
de communication et d’appropriation ? « Nous connaissons actuellement un changement des équilibres, du notamment à des interventions massives dans le champ de l’État, intervient Jean-Pierre Chevalier, responsable de la DATSI (Direction académique des technologies et des systèmes d’information) de l’académie d’Aix-Marseille. Les crédits pour les produits RIP (Reconnus d’intérêt pédagogique) ne sont pas tous utilisés non plus ». Alors, si les ressources existent, pourquoi ne sont-elles pas suffisamment utilisées ? « Le compteur temps des éditeurs n’est pas le même que celui des usagers », répond Philippe Portelli, responsable du département des ressources et technologies du CNDP. Dans un environnement où l’offre est en constante évolution, il faut travailler en amont l’organisation des systèmes d’information, afin que les enseignants puissent s’approprier les ressources et y accéder facilement. Il y a un problème de communication dans les établissements, reprend Marie Gaillard. S’il n’y a pas un leader qui entraîne ses collègues et suscite une forme d’appétence, cela ne fonctionne pas ». |
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La voix des usagers « Cela fait 15 ans que l’on répète la même chose, intervient Gilles Braun, responsable du bureau de la production et de la diffusion du multimédia éducatif à la Direction de la technologie du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. On a d’abord accusé le manque de matériel, puis le manque de budgets. On a ensuite considéré que les ressources étaient en nombre insuffisant et de mauvaise qualité, que les enseignants n’étaient pas suffisamment formés ou ne savaient pas intégrer les TIC dans leurs pratiques… Aujourd’hui, on stigmatise le manque de communication, à une époque où je pense qu’elle n’a jamais été aussi présente ! On oublie de poser les bonnes questions : quelles sont les ressources attendues par les enseignants ? Comment s’intègrent-elles dans leurs cours ? Quelles sont celles qui manquent ? C’est en répondant à ces questions que l’on résoudra en partie le problème du modèle économique. » « Les produits sont toujours conçus en collaboration avec les enseignants, réplique Marie Gaillard. Ils ne sont pas déconnectés de leurs besoins. » Et Gilles Braun de répondre : « Le ministère a lancé une grande enquête de terrain afin de se rapprocher de la demande. Nous ne disposons pas encore de tous les résultats, mais je peux déjà vous dire que les retours sont surprenants : un grand classicisme caractérise aujourd’hui les demandes, contrairement à ce que l’on a pu voir au temps des pionniers du multimédia ; avec la généralisation, les gens sont en attente de produits moins sophistiqués, plus généralistes. » |
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| Entre productions
personnelles et édition « Il ne faut pas oublier que le multimédia, c’est aussi les pratiques collaboratives des enseignants, avec aujourd’hui, une auto-production en forte croissance, rappelle Jean-Pierre Chevalier. Cela tendrait à prouver effectivement que le marché ne répond pas tout à fait à leurs besoins. Pourquoi ne pas imaginer une voie différente de celle du secteur privé qui consisterait à organiser et à coordonner la production des enseignants », suggère Vincent Pugliesi, de la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves) ? « Ces ressources sont d’une autre nature que celles qui font l’objet d’une édition à proprement parler, répond Gilles Braun. Le ministère promeut des ressources qui ont une réelle plus-value technologique, scientifique et pédagogique, défendant ainsi une édition française de haute qualité. L’enseignant a sa place dans ce dispositif en tant qu’expert pédagogique. » |
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| La valeur de l’exemple La région Picardie propose un modèle alternatif qui commence à porter ses fruits et à recueillir des retours positifs : « Nous accordons des subventions aux établissements ayant soumis par l’intermédiaire d’un questionnaire en ligne leur projet de développement des TIC, avec la définition précise de leurs objectifs, le calendrier, le nombre d’élèves concernés, etc., explique Dominique Levesque, de la Direction de l'éducation, département équipement et nouvelles technologies. Cela leur permet de s’abonner à l’offre de contenus de huit éditeurs labellisés par le Conseil régional, pour un montant oscillant entre cinq et vingt euros par élève. 40 000 élèves bénéficient actuellement de ce dispositif mis en place il y a trois ans. C’est intéressant aussi de regarder ce qui se fait chez nos voisins européens, conclut Thierry de Vulpilières, directeur du regroupement d’éditeurs CNS (Canal numérique des savoirs). Le salon ‘BETT 2005’ (British educational technology show) a réuni cette année à Londres plus de 600 exposants, preuve que le marché est dynamique. Des projets de portails européens se mettent en oeuvre, les pays de l’Est se positionnent sur l’échiquier. Il y a donc une carte à jouer pour la francophonie et il nous faut poursuivre les investissements. » |
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Célia Frutozo - Orme/CRDP
Aix-Marseille |
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