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| « ICT Trends and Counter-Trends in U.S.
classrooms, 1984-2004 » « Tendances et contre-tendances 1984-2004 » par Larry Cuban |
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| Quel regard scientifique sur les grandes évolutions du secteur ? Larry Cuban, chercheur américain de réputation mondiale, témoigne de la situation outre-Atlantique. | ||||
| Organisée dans le cadre d’un partenariat entre l’Orme et le SIF (Séminaire sur l’industrialisation de la formation), l’intervention de Larry Cuban aux 10e Rencontres de l’Orme était attendue à plus d’un titre, et n’a pas déçu le public. Le débat qui a suivi la conférence, animé par Georges-Louis Baron, a bien montré l’intérêt du public qui s’est même exprimé « en V.O. ». Cet exposé (en anglais) a analysé les tendances de 1984 à 2004 : | ||||
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L’accès aux technologies Depuis une vingtaine d’années, toutes les écoles publiques et les institutions de formation d’enseignants ont offert un accès généralisé aux technologies en classe. |
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L’utilisation des technologies en classe L’usage des TIC dans les écoles et les universités est très répandu en ce qui concerne les devoirs à faire, la préparation des leçons, les recherches sur internet, le courrier électronique. Mais il peine à se généraliser en ce qui concerne l’utilisation quotidienne en classe. « Malgré un développement considérable de l'accès aux TIC dans les écoles des États-Unis, explique Larry Cuban, les élèves et les enseignants n'utilisent pas ces technologies quotidiennement, au mieux chaque semaine, la plupart du temps une fois par mois et environ 40% des enseignants ne les utilisent pas du tout en classe. Cela signifie que rendre disponible un outil n'implique pas qu'il sera utilisé […]. Cependant, une minorité d'enseignants parvient à produire des choses extraordinaires, impossibles à réaliser sans les technologies de l'information. […] Il faut que cette minorité ait les moyens de former leurs collègues, à la place d'experts qui ne font que transmettre un savoir théorique ». |
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| Les effets et les résultats a) Même avec un accès abondant aux technologies et une croissance lente de l’usage parmi les enseignants, peu de changements marquants ont eu lieu dans la pédagogie. b) L’accès généralisé aux technologies et la faible augmentation de l’usage en classe par les enseignants n’ont pas encore révélé d’effets directs sur l’amélioration des résultats des élèves. |
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| Dans la seconde partie de son intervention,
Larry Cuban a analysé trois avenirs possibles pour les TIC dans les
classes des USA et débattu avec le public de ceux qui sont les plus
probables à l’horizon 2020. On sait aujourd’hui qu’une technologie nouvelle s’ajoute sans retrancher les technologies précédentes : l’arrivée de la télévision n’a pas tué la radio, etc. Alain Chaptal (MSH Paris Nord) propose même un « moratoire » de l’intégration des TIC, pour que les usages aient le temps de rattraper la généralisation de l’équipement. Le multimédia scolaire investit un domaine en marge des processus pédagogiques proprement dits et qui s’inscrit dans d’autres dimensions temporelles, sociales et culturelles que celles de l’École. Pour Gérard Puimatto, « pour se rapprocher du cadre défini par Larry Cuban, si on s’intéresse à la rencontre entre le multimédia et la classe, la classe conserve son rôle essentiel, sa cohérence, sa dynamique, en n’intégrant le multimédia que lorsqu’il lui est utile. La classe gagne donc, puisqu’elle a maintenu sa structure, sa logique et sa cohérence ; elle y gagne aussi en créant, autant qu’elle l’estime nécessaire, une logique de continuité pédagogique. Mais, dans le même temps, le multimédia gagne également, puisqu’il s’installe dans la classe et surtout au-dehors, comme un prolongement, une extension, un cadre même sans doute pour la vie de l’élève et de l’établissement : le multimédia comme un instrument à vivre l’école ». Il est par ailleurs remarquable que les mesures ont largement été des mesures technocratiques « descendantes » et aux États-Unis comme en France, on a peu consulté le corps enseignant avant d’appliquer telle ou telle mesure, souvent théorique et inadaptée aux réalités du « terrain ». Dès lors, intégrer les TIC dans sa classe outre-atlantique comme en France reste… un sacerdoce, on est loin de la banalisation souhaitée et mise en œuvre par les pays nordiques. Larry Cuban souligne en particulier les méfaits du choix opéré par les autorités américaines de la « salle informatique », souvent verrouillée, inaccessible. « Oui, mais quand tout est là, quand tout est fait pour intégrer les TIC, quels sont les freins qui demeurent ? Les enseignants ont besoin de sérénité et de confort pédagogique et non de réforme permanente », répond Jacques Richard dans Mémoire des usages. L’opération Ordina 13 ou « le collège à la conquête des nouveaux savoirs » (Conseil général des Bouches-du-Rhône) et son bilan apporteront sans doute des réponses. L’une des pistes que l’on peut tenter : une meilleure association des enseignants et des élèves aux mesures TIC qui les concernent… aux Etats-Unis mais aussi en France où, sans doute, on n’associe pas assez les compétences et experts « du terrain » aux décisions et au pilotage de l’intégration des TIC dans l’éducation. Mais les pionniers et les adeptes de l’intégration des TIC ont-ils encore besoin de « l’institution » pour être acteurs de la Société de l’information ? |
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Sources : Orme / AEF (Cyril Duchamp)
/ Dossier de l’Ingénierie éducative – CNDP (Gérard Puimatto, Alain Chaptal, Jacques Richard) |
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