PDF Imprimer Envoyer

Fiche de participation à l’École communicante

Coordonnées Enseignant

Coordonnées Etablissement

Nom

Vottero / Boudin

Type

Collège

Prénom

Eric / Eric

Nom

Barbara Hendricks

Discipline

Histoire-Géographie (UPI)

CP + Ville

84100 Orange

Mél profess.

Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Téléphone

04.90.11.18.00

 

Télécopie

04.90.11.18.09

Titre de la présentation

Égaux dans la différence : charte des collégiens franco-italiens

Niveau de classe concerné

4e - UPI

Nombre d'élèves

2 UPI + 5 élèves italiens + 5 élèves français

 

Objectifs pédagogiques poursuivis dans le cadre de cette action

- Utilisation et maîtrise des TICE par le biais du projet européen eTwinning.

- Pratique des langues étrangères par des échanges Internet fait dans la langue du pays.

- Dimension citoyenne autour du respect des différences, en particulier du handicap.

En quoi le dispositif pédagogique, les modalités d'utilisation ou les outils didactiques utilisés vous paraissent-ils améliorer les apprentissages des élèves ?

Apprentissages par la dynamique de groupe. La situation d’apprentissage s’inscrit dans une approche concrète et directe de la langue et des savoirs.

Les précisions apportées par l'enseignant pendant le débat

Animateur :

On va donner la parole à Eric Boudin, du collège Barbara Hendricks à Orange, venu avec des collégiens italiens. C'est une expérience de “e-Twinning”. Parlez-nous du e-Twinning rapidement !

Éric Boudin :

En fait, e-Twinning, c'est un site qui nous permet d'échanger avec un autre établissement qui est situé dans un autre pays européen, et, l 'établissement étant inscrit dans le projet avec nous, c'est un échange qui est limité entre l'établissement et nous, il peut y avoir l'exploitation de tout ce que peut proposer internet, forum, chats, échanges par écrit, auxquels seuls nos correspondants italiens peuvent accéder, pour que ce ne soit pas ouvert à une liberté totale.

Animateur :

C'est grâce à cela que vous avez pu établir des contacts. Présentez-nous votre travail !

Éric Boudin :

Le travail de ce matin, c'était la continuité d'activités qui ont été menées depuis début janvier avec une classe. Nous travaillons avec une classe de 4ème, qui est une classe de 4ème euro-italien, qui ont 5 heures d'italien par semaine au lieu de 3, avec l'UPI du collège. Ces deux classes, 4ème et UPI, travaillent ensemble en échange avec l'Instituto Raffaelo de Pistoia, avec une classe 5ème qui est aussi une classe de langue, sur la réalisation d'une charte des collégiens.
Ce projet est la continuité d'un travail qui a commencé il y a trois ans. La section euro-italien s'est tournée vers le collège de Pistoia, pour pouvoir mettre en place des échanges.
La première année il a été question de les recevoir une semaine, et nous sommes allés une semaine en Italie.
La deuxième année, ça s'est produit de la même façon avec le partenariat qui commençait à s'élargir à s'étoffer, au niveau de l'équipe des professeurs aussi bien italiens que français.
Notre idée était de mutualiser notre expérience en ce qui concerne l'acceptation de la différence, et en même temps l'intégration d'enfants en situation de handicap. L'an dernier, j'ai eu la chance de pouvoir être libéré sur la semaine, j'ai pu travailler avec les professeurs de Sosteigno et d'autres professeurs italiens, j'ai pu voir comment ils intégraient les enfants en situation de handicap dans leur classe. C'est quelque chose qui est pratiqué en Italie depuis bien plus longtemps que chez nous avec l'application de la loi de 2005.
Je me retrouvais aussi avec mes collègues du collège dans la réflexion sur comment mettre en application la loi de 2005 qui encourage l'intégration des enfants en situation de handicap dans des classes ordinaires.
Tout ce travail a été mené avec eux, et a abouti cette année à de grosses avancées dans notre collège à Orange. L'idée a été d'élargir cette expérience de la classe à tout l'établissement. Donc, c'est la classe de 4ème euro-italien  qui réfléchit sur la charte des collégiens avec une classe d'Italie et les élèves de l'UPI. Et à la suite, ce que nous voulons faire et aboutir, mais ce sera pour l'année prochaine, c'est que tous les élèves soient sensibilisés à cette charte et qu'elle apparaisse dans le carnet de correspondance du collège par exemple. e-Twinning, pour nous, c'est un moyen de pouvoir nous rencontrer et échanger de manière plus fréquente que nous le faisions auparavant. C'était deux fois une semaine par an.
Les élèves vont sur le site e-Twinning, mettent toutes leurs productions, font un travail de langue, ils la traduisent en italien pour leurs correspondants puissent l'exploiter. Leurs correspondants italiens font la même chose, travaillent de leur côté et nous envoient toutes leurs productions. Ce sont les élèves qui s'approprient l'outil et rentrent dans l'échange.
A la différence de la visio-conférence, ils n'avaient pas pu se rencontrer encore. Cette semaine ils se sont rencontrés pour la première fois. C'était quelque chose d'extraordinaire d'être ici avec eux à Marseille ! Mais on s'est rendu compte que d'avoir ce travail de réflexion et d'aller sur e-Twinning pour pouvoir envoyer toutes les informations, c'est déjà s'approprier l'échange, commencer à rentrer en contact, c'est déjà une façon de se rencontrer, même si on n'a pas parlé directement ensemble, ça facilite la rencontre. Petit détail : les correspondants dorment chez les élèves français, ils les accueillent à la maison.

Animateur :

Est-ce que cette mise en situation concrète favorise l'apprentissage des langues ?

Éric Boudin :

Oui ! Il y a déjà un travail de langue pour pouvoir faire le travail de traduction. On a commencé notre travail à partir de mots clés qui étaient : citoyen, différence, union européenne, liberté et élève. A partir de ces mots-clés, les élèves ont réfléchi un peu sur le modèle du brain-storming, nous avons réalisé des cartes mentales sur toutes les références auxquelles ils faisaient appel. Et quand nos correspondants italiens nous ont envoyé leurs réflexions là-dessus, ils se sont aperçus qu'il y avait des différences. Par exemple, pour nous il y a des choses qui sont ressorties, comme la Marseillaise, comme la Marianne, qui sont de notre propre culture française et qui ont surpris nos amis italiens. Et inversement on a entendu des choses qui ne sont pas des références qu'on a, nous. Donc, il y a déjà une découverte de cette culture. Donc un travail de langue, mais aussi une découverte de la culture, à partir de ce travail qui a été mené. Des valeurs communes aussi, par exemple la liberté, le respect des différences..., des valeurs communes, mais avec une culture différente.

Animateur :

Au résultat final, c'est-à-dire l'établissement de cette charte, ces différences vont apparaître, ou allez-vous essayer d'avoir quelque chose qui fonctionne dans les deux pays ?

Éric Boudin :

L'idée c'est ça ! Ce serait que ce soit un regard croisé des élèves français et des élèves italiens, et que la charte soit applicable aussi bien chez eux que chez nous. Ils sont un peu plus en avance que chez nous, car ils ont déjà un parlement des élèves et ils avaient déjà travaillé sur la prise de parole, et une prise de position quelque part en tant qu'élève-citoyen dans leur établissement.
C'est quelque chose qu'on essaie de mettre en place. On travaille beaucoup à l'oral pendant nos séances au collège, parce qu'on veut qu'ils prennent la parole, les langues sont en train de se délier sur : qu'est-ce c'est que pouvoir venir au collège, respecter en étant respecté des autres, en se sentant dans un climat de sécurité, de sûreté. Ils prennent la parole, ils expriment ce qu'est leur quotidien. Ils se posent des questions sur nos amis italiens, quel est leur quotidien. Ils le verront un peu mieux quand ils iront au mois de mai les retrouver. Ils verront des différences, qui m'ont d'ailleurs moi-même surpris. Quand je suis arrivé dans ce collège l'année dernière, et que j'ai vu des élèves en situation de handicap, lourd pour certains, tous handicaps confondus, être là présents parmi leurs pairs, tous niveaux de classes confondus, j'ai trouvé cela extraordinaire. Il y a un recul de plusieurs années... Espérons que dans quelques années on verra les choses évoluer ici aussi.

Animateur :

(...) J'avais envie de vous poser la question du matériel. (...) . Est-ce que vous vous débrouillez, y a-t-il un système qui est bien mis en place ? Y a-t-il des différences selon les établissements ?

Eric Boudin :

Nous avons la chance à Orange, au collège Barbara Hendricks, d'avoir une personne qui est un A.E.D. au sein du collège, qui s'occupe de toutes ces questions, de maintien de l'outil informatique dans l'état, des connexions au réseau, etc. ... On a la chance d'avoir cette personne référente, et même temps pilier pour ce genre de projet, et qui en même temps nous fait gagner du temps. Car l'idée c'est d'être en visioconférence avec les Italiens au mois d'avril, et il est déjà en train de travailler depuis quelques jours sur la réalisation technique de cette visioconférence. Nous, on a cette chance-là d'avoir une personne au sein de l'établissement qui nous aide beaucoup.

(...)

Eric Boudin :

J'aimerais ajouter que mes élèves, en UPI (Troubles des fonctions cognitives), ne sont pas forcément, et même peu, équipés de matériel informatique. Et que même pour ceux qui le seraient, les parents hésitent beaucoup à les laisser utiliser l'outil informatique. Et sensiblement, puisque je le fais de manière très volontaire et je l'exploite beaucoup pour ma pédagogie, ils s'approprient l'outil informatique. Les parents sont surpris en retour de voir leur enfant devenir autonome, aller sur l'ordinateur, ouvrir une page blanche, et saisir un petit texte, etc. ... Cela ouvre des perspectives intéressantes, ça libère beaucoup de choses.

Mise à jour le Jeudi, 08 Octobre 2009 09:07
 

Couverture média par l'EJCM

Ecoutez les reportages et lisez les articles des étudiants de l'Ecole de journalisme et de communication de Marseille.